05 janvier 2009

Hiver

Ce serait presque la lumière
ici chez elle légère dans le jour
volonté d’être là
de survivre à tout ce qui blesse
presque la lumière qui arriverait
jour après jour
te rejoindrait dans le sommeil
nuit après nuit
et déjà disparue.
(4-1-09)



Comme pierres
les choses terrestres
plongent
dans l’eau blanche

Voici le ciel
qui s’élance
reflet futur
d’une grâce
de dernière minute.
(25-12-08)



Que de paroles
à ma déception

et je vois dans le ciel
quelques nuages
et je suis touchée
par leur mystère
par leur façon de s’être
accumulés devant moi.
(16-12-08)



Hiver
un peu de poésie

on nous fait tant acheter
après-midi en ville
cohue tout brille autour

Hiver
je regarde le monde en morceaux
de derrière la fenêtre.
(14-12-08)



La mer est de lin blanc
vague vague
se meurt contre mon corps dénudé
larmes larmes
sur la tempête
renonce aux désirs
que le sable dépose.
(11-12-08)



Je ne garde rien
me débarrasse de tout
Probablement il restera
un coussin pour m’asseoir
une lumière une épaule
Cela a ressemblé à une guerre
contre toutes ces choses
qu’on nous fabrique
qui ne servent à rien
sinon à nous promettre à la mort
Maintenant comme le bleu est paisible
du coussin sur lequel je suis assise.
(9-12-08)



M’effacer
du côté du vide
pour n’avoir plus à porter
ce poids

J’avançais dans
l’étendue d’un cauchemar
la vie en quelque sorte
Fatigue je
ferme les yeux
n’en veux plus.
(8-12-08)



Rien
juste une feuille qui tombe
liberté
de sa nature végétale

Et je me tiens
au bord de son silence
comme au bord de la terre

Au Grand air.
(6-12-08)



Peu de feuilles
fin d’automne

gagner le jour
à force de dire
d’y survivre

à travers tout
par-delà tout
au point de se perdre.
(5-12-08)



Je ne fais pas de bruit
pourtant l’hiver remplit mes poumons
s’y abritent des oiseaux
l’eau des marées basses
certains matins bleus
et Noël de sang séché déchiqueté
se contracte attendant que
tintent les clochettes des premières fleurs.
(29-11-08)



De ce lieu-refuge suspendu
dans le silence si calme bleu
aveugle
on pourrait reconstruire
l’autour
une fleur simplement
une prédominance de ciel
d’arbres de juste et de vrai

A la lumière de cette lampe
un monde entrebâillé
nous retient de fondre.
(27-11-08)



Il m’aura fallu près de quarante ans
pour trouver en moi ce qu’il y a de
libre et ce qu’il y a de fragile et
forcément cette quête m’a occupée
mais finalement je ne suis pas si
compliquée je me demande même
si ce ne sont pas les autres avec
tous leurs mots qui m’ont souvent
un peu mélangée à leur bruit.
(26-11-08)



On s’éclipse un jour
pour une ville quelquefois
une cage dans les champs
on ferait mieux d’écouter un arbre
au lieu de ça
regardez-moi dans les miroirs
O comme je suis pâle
leurs reflets me prennent de face
me balancent leur « qui suis-je ? »
qui peut me faire asseoir et pleurer
O l’herbe est rare ici
et chacun ne cherche qu’à
faire briller ses écailles.
(25-11-08)



Il est temps si l’on veut
un temps lent et de nuages
un temps silencieux
de fleurs
quelquefois on l’entend d’ici
dans les jardins
par un temps encore plus vide.
(21-11-08)

04 août 2008

Balayer fermer partir

A l’intérieur
tout s’effondre
l’air est épais
ce qu’on appelle
réalité
a disparu
un jour passe
puis deux
on met au point des rituels
on ne voudrait pas
qu’il arrive quelque chose

On se met à penser
une tasse de thé entre les mains
soudain
la vie paraît paisible
le calme s’installe.

Balayer fermer partir
(04/08/2008)

La route

On n’est plus qu’une
forme accroupie
on se relève
on ranime le feu
dans l’herbe
il n’y a pas d’oiseaux
on ne peut pas rester
l’âme est prompte
et l’obscurité tombe vite
on creuse des trous
dans la terre
avec les doigts
on mange des pêches en dessert
mais le reste du temps
on a toujours l’œil ouvert
sur le sol froid.

La route
(04/08/2008)

17 mai 2008

Noter

Noter, c'est comme être à côté. On sait que l'on n'a pas la meilleure place, mais à un moment, peut-être, on aura le meilleur angle de vue.
Noter, c'est un travail de photographe. Penser, c'est du cinéma.

Antoine Emaz

22 mars 2008

Sens de la vie

Et, si l'homme a été une manière d'emprisonner la vie, n'est-ce pas nécessairement sous une autre forme que la vie se libère dans l'homme même ?
DELEUZE, Gilles, Pourparlers, éd. de Minuit, p.125

16 mars 2008

Vu lu entendu

sérénité durable
Pompes funèbres Trouchau
résilience durable
"Ma copine, elle mange, elle mange. A force, elle s'ankylose."

15 mars 2008

RIEN

RIEN.
Rien faire. Rien dire. Rien désirer. Rien choisir.
Marcher.
Regarder passer les nuages.
Rien, à part les choses du quotidien.
Le printemps dans ma cabane
Absolument rien
Absolument tout.

Kobayashi Issa

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24 novembre 2007

En vacances...

Je suis en vacances...
En quelque sorte.
J'occupe jusqu'au 17 février le gîte Notes de mon amie Catherine Jackson.
http://www.notesbulletin.net/gite.php

Nulle part

Nulle part
est la réponse à tout
Je vous demande
Se souvenir si fort
de la petite armoire à pharmacie
d’une salade d’épinards
des allées du marché
de l’anniversaire de la mercière
c’est sérieux
ça
Jusqu’où ce jeu triste
la tête me tourne
je vais essayer l’oubli
de quelque chose---aujourd’hui.
Alabama Song
(24-11-07)



Au moment de parler
essayant de paraître gaie et insouciante
je vis paraître une ombre
qui me porta au silence
Je ne suis pourtant pas en cette pièce
l’unique être à connaître ces sentiments
Cette naïveté serait-elle dans ma nature
Aurais-je de ces principes
dont je ne serais pas à la hauteur
Non vraiment tout est trop difficile
je veux croire que parfois
j’approche la tranquillité d’esprit
Mais tous les autres étaient en suspens
mon silence et mon immobilité
les avaient nourris d’espoir
et il me fallait faire usage des mots
ouvrir une porte sur l’extérieur
Mansfield Park
(29-10-07)



La nuit je te parle
et le lendemain matin
je reste assise
étrangement silencieuse
comme si tu m’avais donné
la clé pour plonger en moi-même
pour couler
sachant qu’une main invisible
me repêchera au bon moment
Cinq minutes de silence absolu
c’est tout ce que je demande.
Franny et Zooey
(21-9-07)



On savait que tout le monde
avait changé
d’ailleurs dans l’air
flottait quelque chose d’invisible
on croyait savoir des choses
mais que pouvions-nous
les uns pour les autres
sinon continuer à faire semblant
on a préféré regarder par la vitre
la pluie et penser un instant
que tout cela finirait.
Vous descendez ?
(18-9-07)

05 septembre 2007

Longtemps après

Longtemps après la descente
lente et tranquille
brusque se formait un vallon
presque comme une rupture
à l’insu du monde entier
où naturelle et libre
la terre tremblait entre mes bras
Là féline laissée à mon instinct seul
je descendais avec volupté
après l’orage transportée
par d’étranges sensations
perdre mon esprit au bord de l’eau.
Chant de carpe
(1-9-07)

Parfois les choses perdent toute valeur
et le ciel tente de garder une apparence
de sollicitude malgré certains regards
certains doutes
Je voudrais que cela n’ait aucune importance
que ces choses-là ces gens
ne soient rien pour mon cœur ou ma conscience
que seul compte ce qui a une réelle importance
ce qu’on accepte mal de voir s’en aller
C’est maintenant chose faite
mais je crains l’effet du temps
l’insignifiance du quotidien.
Persuasion
(2-9-07)

Réduite au silence j’aperçus
mon visage dans le miroir
Pourquoi ne disais-je rien
Voudrais-je parler
je ne trouverais rien à dire

Je sentis une présence
réconfortante je marchai
vers la fenêtre et
mes lèvres s’entrouvrirent
Je vis la seule chose sur l’océan
je ressentis le paradis
pour durer mille ans.
Bandini
(4-9-07)